lecture publique du 23 mai 2018

Dans le cadre de la Journée de la lecture à haute voix, les éditions sauvages ont le plaisir de vous inviter à une nouvelle lecture publique (5ème déjà) dans un endroit unique du Bar à vin no. 9 le 23 mai 2018 à 18h30 rue Neuve 9 à 2300 La Chaux-de-Fonds pour (re)découvrir le livre "Quand partent les baleines" d'Youri Rykteou.
La Journée a été lancée par l'Institut suisse Jeunesse et Média ISJM, en collaboration avec Famigros et 20 minutes. 
Auteur, né en 1930 sur une bande de terre couverte de galets du Détroit de Bering, raconte le destin du peuple de la mer, son peuple, il décrit le quotidien de ces gens qui connaissent l’art de conserver la chaleur dans le pays le plus glacé qui soit.
Ainsi l’on partage l’univers des chasseurs de morses qui voient au loin les jets d’eau des baleines scintillants dans le ciel faisant voler en éclat les rayons du soleil.


pour d'avantage de renseignement veuillez vous rendre sur Facebook ou sur le site de la Journée de la lecture à …

Sons d'une ville diluée 2.







A l’heure où les terrasses sont vides et les chaises appuyées sur les tables, alors que l’une d’elles bascule à terre à la suite d’un coup de vent plus fort ;

A l’heure où Christelle gémit ;

A l’heure où l’on perçoit le battement lent des ailes d’un dragon immense qui déplace l’air au-dessus des raffineries de pétrole plus à l’est, puis soudain surgit par-delà une cheminée crachant le feu en permanence, et ce monstre ailé par un retour de flammes jette une inégale lueur sur les terres au-dessous de lui ;

A l’heure où le ciel engoncé dans un manteau de nuages laisse entrevoir le faible rayonnement de la lune ;

A l’heure où Fanny jouit longuement au-delà des spasmes de son amant neuf ;

A l’heure où les nuages défilent autour de la butte morne qui domine la ville ;

A l’heure où Julien rentre seul d’une soirée d’étudiants, réfléchissant à ce qu’il a dit, à ce qu’il n’a pas dit, à ce qu’il aurait du dire et songeant à dormir au creux de sa couche moelleuse ;

A l’heure où l’on ne croit plus à rien ;

A l’heure où le vent semble jouer avec un papier blanc qui se débat en lutte avec les losanges d’un grillage ;


A cette heure chaotique où Angie croise son violeur qui d’abord ne l’a pas remarquée, puis se retournant le temps d’un haussement d’épaules, l’aperçoit. Alors le type au regard perdu reluque ses jeans moulants, et, en un rien de temps, sombre dans les pensées morbides d’un soir sans âme, songe à toutes celles désirées dont il a du se résigner à laisser intacte la beauté exquise. Il a senti en lui la pulsion d’un désir irraisonné, s’est laissé submerger par le cyclone de la revanche, est revenu en courant sur ses pas, a saisi la fille brutalement, sans entendre ses cris l’a plaquée sur le trottoir en tentant de la déshabiller, de baisser juste après son pantalon ; et elle de crier « Un préservatif au moins ! Non, non, je t’en supplie ! » Et lui qui n’entend rien, qui fonce dans la chair. Elle, la douleur au ventre, répète « Non ! Non ». La chaleur du corps qu’il ne connaît pas le surprend. Il n’a pas le temps de saisir. Elle hurle « Au secours ! » tout en le repoussant. Dans un sursaut ultime, il, en elle ; expire son sexe. Dans les secondes qui ont suivi le désaccord des chairs, il s’est brisé. La lumière d’un appartement gagne l’extérieur. Une fenêtre s’ouvre. A son tour, il sent l’angoisse. Durant un court instant, un sentiment poisseux les réunit. Et dire qu’il n’y a pas eu d’échange, et dire que cela s’est passé. Angie sanglote. Il dit «Ta gueule !» et part en courant. La fuite commence et dans sa tête ne finira pas avant l’heure dernière;








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